Questions et réponses sur la maladie d’Alzheimer

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Quelles sont les causes de la maladie ?

Dans 1% des cas de la maladie d’Alzheimer, les causes sont bien connues car la maladie est due à la présence de mutations sur des gènes identifiés.

Il s’agit de formes génétiques « autosomiques dominantes » :

Si une personne est porteuse de la mutation, elle développera obligatoirement la maladie d’Alzheimer. De plus, elle aura 50% de probabilité de transmettre ce gène muté à ses descendants ; voilà pourquoi des familles entières de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ces formes familiales se développent précocement, avant 60 ans. Mais dans 99% des cas de la maladie d’Alzheimer, on ne connait pas la cause, probablement parce qu’il n’y a pas une cause unique mais une origine multifactorielle (facteurs environnementaux, facteurs de risque cardiovasculaires, facteurs de risque génétiques…). Ces formes de la maladie d’Alzheimer qui sont les plus courantes sont appelées formes sporadiques et se développent généralement après 65 ans.

Y a-t-il des facteurs qui peuvent favoriser ou limiter les risques de développer la maladie d’Alzheimer ?

Les scientifiques pensent que la survenue de la maladie d’Alzheimer à un âge avancé serait la conséquence de plusieurs facteurs de risque rencontrés tout au long de sa vie (facteur de risque génétique dès la naissance, facteur socio-économique, expositions professionnelles, mauvais régime alimentaire, facteurs vasculaires…).

Les principaux facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer sont le diabète de type 2,

l’hyper-tension artérielle, l’hypercholestérolémie, les maladies cardiovasculaires et l’obésité.

En ce qui concerne les facteurs de risque génétiques, on sait maintenant qu’il existe un «polymorphisme génétique » : certains gènes normaux (non mutés), lorsqu’ils sont

exprimés ensemble, donnent une plus grande susceptibilité de développer la maladie d’Alzheimer.

à l’inverse, plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence certains facteurs protecteurs qui influent positivement sur le déclin cognitif. Les principaux sont l’activité physique régulière, les activités cognitives et sociales et une alimentation de type méditerranéen.

Est-il vrai que les femmes sont davantage touchées par la maladie d’Alzheimer que les hommes?

Maladie d’azheimer

C’est exact, mais cela est essentiellement dû au fait que les femmes vivent plus longtemps que les hommes. L’incidence de la maladie d’Alzheimer est équivalente chez l’homme et la femme entre 65 et 80 ans, et elle ne devient plus élevée chez les femmes qu’après 80 ans. En effet, de nos jours, les hommes de 80 ans meurent beaucoup plus de maladies cardio-vasculaires et de cancer du poumon que les femmes, car si l’on se reporte 50 ans en arrière, il y avait beaucoup plus d’hommes que de femmes qui fumaient.

Est-ce que le niveau socio-éducatif joue un rôle dans la survenue de la maladie d’Alzheimer ?

Cette question rejoint le concept de « réserve cognitive ». Cette réserve serait d’autant plus grande que le niveau socio-éducatif est élevé. Au cours de la maladie d’Alzheimer, le cerveau essaie activement de faire face au développement des lésions cérébrales, à l’aide des processus cognitifs préexistants ou en faisant appel à des processus compensatoires.

Un patient atteint de la maladie d’Alzheimer, qui a un niveau socio-éducatif élevé, aura une plus grande réserve cognitive et donc une meilleure capacité à maintenir la fonction de son cerveau plus longtemps qu’une personne de bas niveau socio-éducatif.

Cette « compensation » des lésions induites par la maladie d’Alzheimer peut retarder les premiers signes cliniques. Mais chez les personnes de haut niveau socio-éducatif, la maladie semble plus sévère car lorsque le déclin cognitif est visible, la pathologie est déjà bien avancée.

Peut-on se faire diagnostiquer avant l’apparition des premiers symptômes?

Il est aujourd’hui possible de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer avant l’apparition des premiers symptômes, mais uniquement pour les malades qui ont une forme génétique héréditaire (1% des cas) : dans ces familles, on recherche si les descendants possèdent

ou non la mutation génétique ; si le gène est muté, cela veut dire qu’ils ont la maladie d’Alzheimer, mais qu’ils ne présentent pas encore de symptômes cliniques. On dit que ces patients ont une maladie d’Alzheimer « préclinique ». à l’heure actuelle, des essais cliniques sont en cours pour donner une chance à ces patients précliniques de tester un traitement médicamenteux, dans le but de prévenir le développement de la maladie.

Pourquoi se faire diagnostiquer tôt est-il si important ?

Cela est très important, car plus le diagnostic est fait à un stade débutant de la maladie, plus les traitements mis en place de façon précoce seront efficaces. Ces traitements se révèlent également utiles dans les stades plus avancés de la maladie. Le but d’un diagnostic précoce est également de donner tous les conseils préconisés en matière de prévention et de stimuler au mieux les facultés cognitives et de mémorisation. Il permet aussi au

malade d’anticiper, de prendre des dispositions pour l’avenir tant qu’il possède encore toutes ses facultés de discernement et de prise de décision.

Quels sont les professionnels à consulter en cas de doute ?

En cas de doute, il est donc fortement conseillé de consulter. Mais vers qui se tourner ?

Trois professionnels de santé sont là pour vous accompagner dans ce parcours jusqu’au diagnostic.

Le médecin généraliste

C’est la première personne à aller voir en cas de doute. Il procédera à certains tests et s’il est certain du diagnostic, il pourra alors vous l’annoncer. Toutefois, en général, il vous redirigera vers un neurologue pour des tests complémentaires.

Le neurologue

Si votre médecin généraliste vous a recommandé de voir un neurologue ou si vous avez toujours des doutes suite à la première consultation, des tests supplémentaires, dits tests de mémoire, peuvent être réalisés. Généralement, ces tests durent entre 15 et 20 minutes. Si cela s’avère nécessaire, ces tests pourront être complétés par un bilan neuropsychologique.

Le neuropsychologue

Les tests réalisés par le neuropsychologue peuvent durer jusqu’à deux heures. Ces tests sont loin d’être anodins. Il s’agit d’une investigation approfondie des phénomènes de mémoires. Ces examens pourront éventuellement être suivis d’examens biologiques.

Quels sont donc les traitements médicamenteux disponibles? Sont-ils efficaces ?

Il n’est malheureusement pas encore possible d’enrayer complètement ou d’inverser la progression de la maladie d’Alzheimer. Il existe cependant des traitements médicamenteux qui permettent de traiter certains symptômes de la maladie.

Aujourd’hui 4 médicaments sont disponibles sur le. Ils ont pour but de stabiliser les fonctions cognitives du patient.

Il peut également être nécessaire de traiter les troubles psycho-comportementaux associés à la maladie d’Alzheimer. On peut alors prescrire des antidépresseurs ou des anxiolytiques, mais il faut être très prudent car ces psychotropes sont susceptibles d’aggraver les troubles cognitifs. Il est également important de ne pas se limiter à une prescription médicamenteuse: Il faut que la prise en charge du malade soit globale, faisant intervenir plusieurs professionnels de la santé (psychiatres, neurologues, généralistes, kinésithérapeutes, infirmiers, psychomotriciens, orthophonistes…).

Qu’en est-il des traitements non-médicamenteux ?

Les thérapies non médicamenteuses sont en plein essor. Bien qu’il existe peu de preuves scientifiques (seuls des essais cliniques randomisés et contrôlés peuvent prouver une réelle efficacité), tout le personnel soignant en contact avec les malades s’accorde à dire qu’il existe un réel effet bénéfique. L’ensemble des thérapies non-médicamenteuses ne sont pas prescrites pour améliorer l’évolution cognitive du malade mais plutôt pour améliorer

l’évolution de sa dépendance. Il est nécessaire de proposer aux malades des solutions alternatives à la prise encore trop importante de neuroleptiques en institution. Aujourd’hui on sait que l’utilisation des thérapies non médicamenteuses peuvent améliorer les troubles psycho-comportementaux du malade, et permettre de réduire la prescription des psychotropes. Vaincre Alzheimer

Les thérapies les plus répandues sont la stimulation cognitive, la thérapie par réminiscence, l’activité physique, la musicothérapie et la psychothérapie.

On sait maintenant qu’il existe un concept particulièrement adapté pour traiter les troubles du comportement: la prise en charge individuelle personnalisée. Cette thérapie résulte de l’analyse des troubles du comportement du patient, de sa personnalité, ses goûts et ses affinités, et de ses capacités restantes. Il a été démontré que la prise en charge personnalisée menée par des professionnels permet d’atténuer le fardeau de l’aidant, de ralentir la perte d’autonomie du malade, et de différer l’entrée en institution.

Est-ce que la recherche sur la maladie  d’Alzheimer progresse ?

Oui ! la recherche progresse de jour en jour dans le domaine de la compréhension de la maladie d’Alzheimer : on connait de mieux en mieux les lésions de la maladie et leur progression dans le cerveau. Les tests diagnostiques sont beaucoup plus spécifiques, grâce, entre autres, aux bio marqueurs précoces de la maladie. L’identification de nouveaux facteurs de risque et le développement de nouveaux modèles expérimentaux aident à mieux comprendre les mécanismes moléculaires qui amènent à la maladie, ce qui permet d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Soutenir la recherche sur la maladie d’Alzheimer,

c’est aider les chercheurs à trouver de nouvelles voies permettant d’entrevoir des espoirs concrets pour éradiquer cette maladie dévastatrice

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